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po

va

��LETTRES 24I

mur pour se frapper la tête. Chose curieuse, et que tu as dû constater bien souvent : les crétins et les brigands trouvent immédiatement le pain pour qui nous explorons l'univers, sans succès.

Toi, mon cher ami, tâche bien de te trouver dès maintenant une voie assurée. Tu vois ce que deviennent les candidats aux Ecoles quand ils ne veulent pas rester à s'avilir dans une administration provinciale. Pourquoi ne ferais-tu pas ta médecine ? Tu préparerais l'an prochain ton bac, restreint. Et tu aurais plus tard un point d'appui scientifique pour des études littéraires. Il y a tant de débouchés

. La médecine maritime ? Réfléchis bien, car il

udra probablement te décider pendant ces

cances.

Je passe ma vie à lire beaucoup. Tu me parlais dernièrement de Michelet. J'ai lu plusieurs volu- mes de lui, et j'ai adoré cette personnalité expansive d'un homme qui vit tout, qui s'épand sur tant d'espace, et meut des masses de sensations. C'est de la philosophie qui serait de la poésie. Je me rappelle des pages sur Luther, où tressaute du feu. Le siècle d'alors est élargi, — ce ne sont pas les temps qui vivent en lui, c'est lui qui vit dans les temps. Et le siècle historique qui a acquis la per- sonnalité de Michelet vibre plus hautement, comme si jusqu'alors il lui avait manqué un homme qui représentât son cœur, et que cet homme, en s'y introduisant, eût étendu, enrosi les tissus.

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