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JOURNAL DE LA VINGTIEME ANNEE 219

besoin de s'affirmer à ses propres yeux). — Il y a le rire moqueur qui vient tout simplement de cela.

— Un autre genre de rire : le rire qui com- prend. Mais il dérive du même principe. On a compris en groupant, classant des faits. L'esprit arrive à son extrémité et ne peut aller plus loin, la chair se croit alors en harmonie avec le milieu, pensant avoir pris possession de lui. Et alors on rit.

Le rire n'est pas une action solitaire. On ne prend possession de quelque chose qu'au nez des gens (un homme qui serait seul dans un pays, n'aurait pas besoin de prendre possession du sol). Alors, en présence d'autrui, il faut être vainqueur pour rire.

Il y a certaines circonstances où l'on voudrait rire, — mais si l'on se sent vaincu, ou si on lit quelque chose de justement dominateur chez les autres, on grimace. — L'être écrasé rit jaune.

Projet de nouvelle : Celui qui ne fait pas rire, ce serait l'ancien jeune homme orgueilleux et gai par cela, ayant proclamé son orgueil. Puis, quand il a souffert, quand il est vaincu, son être de plus en plus acquiert la notion douloureuse des choses, saisit les éléments qui l'abattent, voit partout le contentement des gens que son abaissement hausse, et c'est cette compréhension continuelle qui le ravine et l'empêche de rire. Il est trop complexe pour rire. (Pour rire, il faut être passé

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