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CH.-L. PHILIPPE EN BOURBONNAIS 215

plus encore, de l'incompréhension totale, absolue de ses anciens condisciples des lycées de Montluçon et de Moulins.

Il eût goûté pourtant la douceur d'être apprécié de ses compatriotes. Une fois — c'était en 1903 — je fis paraître un article sur lui dans un journal de Moulins : j'indiquais son origine, je donnais des extraits de son œuvre, je m'efforçais de montrer sa valeur. Il m'écrivit :

" Mon cher ami, vous m'avez fait un grand plaisir. Votre article m est arrivé voici déjà quelques jours, et si ma grande paresse à écrire des lettres m'a fait reculer celle-ci jusqu'à aujourd'hui, ne croyez pourtant pas que mon plaisir n'a été ni immédiat, ni profond... jfe suis d'autant plus content qu'il me semblait être indifférent a tout ce que Von pouvait dire de moi dans ma province, et voici qu'il s'est passé en moi un phénomène charmant comme si toute mon enfance et tout le souvenir de mon pays me remontaient au cœur.

jfe vous remercie vraiment... "

Mais il savait bien que ce pauvre article était très impuissant à agir sur la mentalité d'une population.

Aussi, aucun de ces livres ne pénétrait-il, par lui, dans la cité. Le séjour annuel qu'il y faisait lui pesait sans cesse davantage ; il l'avait abrégé beaucoup l'année dernière ; sans doute, s'il avait survécu à sa mère, l 'aurait-il supprimé tout à fait — sans regret.

�� ��Combien pourtant il avait été le peintre ému et sincère, le poète attendri de cette petite ville qui le

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