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chez nous. J’ai le pressentiment que Marie Donadieu me donnera de ses nouvelles le jour où mon livre paraîtra.

Et comme elle riait, il eut un geste d’inquiétude en lui disant :

— Ne rions pas de ces choses-là. Nous ne connaissons rien des forces qui sont autour de nous.

Et le jour même où parut le livre, ainsi que l’avait fait Berthe Méténier quatre ans plus tôt, Marie Donadieu écrivit à Charles-Louis Philippe, après deux ans d’absence, pour lui demander aide et protection.


Quand il commença d’écrire Croquignole sa timidité avait disparu tout-à-fait. Il parlait peu avec ceux qui lui étaient étrangers, mais avec ses amis il laissait déborder sa gaieté pleine de malice, et toutes les folies lui paraissaient bonnes.

Il avait un geste tout particulier pour assurer son binocle, et en levant le front très haut, et en aspirant avec force il disait :

— Je me sens capable de vivre plusieurs vies à la fois.

Pendant sa maladie, il dit à sa vieille amie : — Je voyage à travers un monde qui s’appelle la fièvre. J’y fais des découvertes très importantes, qui me seront précieuses pour l’avenir.

À un autre moment il dit encore :

— Je viens de faire une culbute dans l’espace. Je ne peux pas raconter maintenant ce que j’y ai vu. Il fronça le front en ajoutant :

— L’essentiel est que j’en garde le souvenir.

La veille du jour où il cessa de vivre, il se souleva de lui-même sur son lit, il chercha de la main son binocle