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ville qui contenait sa maison. Elle traversa un village qu'elle ne connaissait pas, autour d'elle s'étendait un pays qu'elle n'avait jamais vu, et cela même ne la fit pas s'arrêter.

Ce ne fut que beaucoup plus tard qu'elle put rassembler dans sa tête quelques-unes de ses pensées. Elles étaient bien malades. Solange s'aperçut pourtant qu'elle était sur la route de Champvallon, le village qu'habitait sa sœur. Elle s'était instinctivement jetée, au milieu du danger, du côté où elle pouvait attendre quelque secours. Elle marcha jusqu'au bout.

Champvallon était situé dans un fond, il y avait une grande rue, et des ruelles qui la croisaient. Elle demanda à un passant de lui montrer la maison de son beau-frère. Dix heures sonnaient au clocher de l'église. Elle ouvrit la porte qu'on lui avait indiquée. Baptiste Dumont était tout seul dans la boutique et travaillait à ses sabots.

Elle ne prit même pas le temps de s'asseoir pour lui dire :

— Baptiste, faut venir chercher le petit.

Ce ne fut qu'ensuite qu'elle s'évanouit.

La maison de Baptiste Dumont et de sa femme qui s'appelait Rose était, dans le village de Champvallon, une maison d'ouvrier. Elle était située dans la rue principale, entre la maison du charron et celle du menuisier. Elle était située