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I90 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

leurs théories, comme il avait adopté celles de Ghil. Mais ce serait confondre Philippe avec le groupe de l'Endos. Je voudrais montrer qu'il puisa peu dans les conversations et dans les livres, qu'il prit ses idées sociales au plus profond de lui-même, qu'elles furent sa chair et son sang.

C'est au cours de son premier séjour à Paris (Noël 1894- Pâques 1895) qu'il entra en relations avec le groupe de YEncloSy probablement par l'entremise de Ghil. Autour de Louis Lumet, le chef d'école le plus imberbe qu'on eût jamais vu, se réunissaient des libertaires authentiques et des anarchistes de lettres, des socialistes comme Louise Lévy, des syndicalistes proudhoniens comme les frères Pelloutier, des régionalistes comme le sculpteur Jean Baffier, et même quelques écrivains, Frapié, Riotor, Marcel Batilliat. Ils avaient en commun le sentiment révolutionnaire et le désir de fonder un " art social ". En Avril 1895 parut VEnclos^ petite revue alimentée par des souscriptions volontaires, dirigée par Lumet et admi- nistrée par le critique musical J. G. Prod'homme. On lit le nom de Philippe sur la couverture des premiers numéros ; mais sa collaboration réelle ne commença qu'en décembre 1895. \J Enclos parut, assez régulièrement, jusqu'en 1898 ; il publia de Philippe les " Quatre histoires de Tauvre amour " * et une douzaine d'articles qui méri- tent d'être conservés, car il s'y trouve des pages admi- rables.

1 Témoignage de J. Giraudoux, Grande Revue, 10 janv. 1910. Je n'ai pas sous les yeux la collection complète de l'Endos et ne puis vérifier. Mais je crois bien que la première des quatre histoires, publiée par l'Art Jeune le 15 août 1896, ne fut pas rééditée par 'Enclos.

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