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164 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

marque toutes les secondes avant d 'atteindre le bref et vaste carillon des heures; mais de ces cahiers débor- dants, qui pèsent sur moi, vous avez fait un petit livre étroit et fixe ', qui est suspendu juste au-dessus de notre cœur, où il tombe avec F aisance et la force d'une loi que Von comprend.

Je me souviens du jour d'été où pour la première fois j'ai lu ce court volume. J'eus le sentiment, {tout y était si neuf) que vous aviez inventé la syntaxe, les mots et la ponctuation ; chaque phrase semblait com- posée avec l'alphabet enluminé et insistant de l'enfance, où T A est traversé par un agneau bondissant, et F S contourné par la source désaltérante. Vous disiez à votre mère " on voit ton bonnet qui te coiffe comme un toit modeste coiffe la maison d'un bon homme, ton corsage noir où des aiguilles sont piquées, ton tablier bleu de travail et de simplicité. On voit tes jupes aussi, tes pauvres jupes couleur des choses et qui ne craignent pas la poussière. Et je me dis que l'uniforme que tu portes, c est l'uniforme des mères." Alors je compris que vous nous donniez un nouveau regard et que vous alliez nous conduire au royaume de la simplicité, où Von voit la vie qui est sous la vie, le tissu sans la teinte, le froment et le chanvre tels qu'ils sont avant de servir aux hommes.

Une page de vous est faite avec "des mouvements et de F amour," et c'est le miracle, car les livres que nous écrivons nous trompent, ils absorbent et détruisent ce que nous leur donnons, ils ressemblent à la fon-

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