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NOTES 127

de possible, dans la société et dans les arts, qu'un renouvelle- ment absolu de toutes les manières d'être et de sentir. Miche- let, beaucoup plus que Taine, qui ne tint pas assez compte du nombre d'indications que la peinture et le dessin d'avant la Révolution pouvaient lui livrer, a pressenti — dans un poignant passage sur Watteau — cet aboutissement. M. L. Dumont- Wilden vient, à son tour, dans d'excellentes pages, témoigner, à l'aide de nombreux exemples iconographiques, de cette préparation au déclin d'un régime et à la fin d'un monde.

" // semble que, dès le XV e siècle, écrit M. L. Dumont-Wilden, les vieux maîtres français aient possède cette parfaite théorie du portrait psychologique. " A mesure, nos peintres n'ont fait qu'ajouter, par une pratique de plus en plus perfectionnée, à cette théorie. " On dirait qu'ils ont, comme La Bruyère, La Rochefoucauld, Saint-Simon ou Tallemant, le dessein d'assembler des notes four une vaste histoire de l'homme. D'un coup de pin- ceau ou de crayon, aussi sobre, aussi net, aussi précis que les traits de plume des grands moralistes, ils notent les nuances du masque humain, image et signe de l'âme." Et, ce qui est vrai des Clouet, des Quesnel, des Dumonstier, notateurs de toutes les passions effrénées de leurs contemporains, ne l'est pas moins de leurs successeurs emphatiques du temps de Louis XIV, surtout, après Louis XIV, des peintres des u visages trop intel- ligents et trop fins du XVIII e siècle."

M. L. Dumont-Wilden, à travers Watteau, Largillière, Nattier, Van Loo, Drouais, Greuze, Boucher, Perronneau, Fragonard, mais surtout l'étonnant La Tour, a commenté, dans son livre, un beau choix de ces visages ; des portraits du Louvre, de Versailles, de diverses collections privées, voire du tranquille musée de Saint-Quentin, dus au pinceau de ces maîtres, il a su dégager cette grande leçon de goût choisi, d'esprit délicat, de sourire tendre et résigné que tant de Belles Ecouteuses et de Joueurs de Sérénades, depuis de longues années déjà, ne cessent de nous prodiguer du haut de leurs cadres de vieil or.

A propos d'un " drapé " de Raoux ou de Roslin, d'un geste piein de mesure de Tournières, de l'aspect mutin d'un Drouais

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