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représenter l’Italie, et cette Italie septentrionale, sobre, rude, quelquefois presque janséniste, n’est pas aveuglée du tout par les feux de Bengale de d’Annunzio.

Comme les feuilles est l’histoire d’une famille ruinée que son malheur peu à peu désagrège. Les âmes fortes s’y ressaisissent et prennent conscience de leur valeur, tandis que les faibles se laissent aller et sont dispersées "comme les feuilles". La tonalité neutre de cette pièce, son naturalisme de tout repos rappellent fort, si mes souvenirs sont exacts, ces Vierges de M. Praga qui précédèrent les Demi-Vierges de M. Prévost et qui, elles aussi, joignent à de la justesse d’observation un certain manque d’intensité psychologique ainsi que d’autorité et d’originalité dans la mise en œuvre.

Chez un peuple qui a perdu ses grandes traditions et qui s’applique à se reconstituer fortement, une telle littérature, probe, mais sans abandon ni génie, n’est pas pour surprendre et on lui sait gré de se dépouiller si courageusement de ses stucs dorés et de son clinquant.

L’Œuvre a représenté une faible fantaisie en vers, Nonotte et Patouillet, où chez une Philaminte du XVIIIe siècle, un Trissotin jésuite va se faire accorder la main d’une nouvelle Henriette. Or dans la joute poétique où triomphe le méchant jésuite, apparaît tout à coup, Dieu sait pourquoi, un poète belge qui, avec un accent pittoresque, récite en charge des vers dits " libres ". On a peine à croire qu’il faille voir dans cette bouffonnerie une parodie des vers de Verhaeren. Libre au mirliton de se moquer de la flûte : le ridicule n’en retombera que sur lui. Mais si telle fut vraiment l’intention de l’auteur, comment la compagnie dramatique qui joua le Cloître a-t-elle pu prêter son nom à cette facétie ?

J. S.