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��NOTES

��L'OISEAU BLEU, par Maurice Maeterlinck. (Fasquelle.)

Je voudrais parler de Maeterlinck à propos de L'Oiseau bleu avec tout le respect que l'on doit à d'anciennes admirations. Je voudrais exprimer avec sympathie la surprise qu'ont éprouvée devant cette féerie — puisque c'est une féerie — ceux qui faisaient confiance à l'auteur de la Princesse Maleine. Mais j'ai bien peur que le symbolisme de plain-pied qui s'étale dans cette œuvre nouvelle ne nous éclaire sur la qualité de la pensée que nous avons cru trouver dans les œuvres anciennes, au point de rendre dangereuse la revision de cette admiration-là.

Elle fut fervente, et longtemps Maeterlinck bénéficia de l'indulgence universelle, à cause des émotions et des promes- ses qu'il avait données à ses débuts. En ce temps-là, une grande inquiétude régnait dans le monde, une grande inquié- tude faite d'espoir et de terreur, d'aspirations confuses vers un printemps de l'âme qu'on croyait pressentir, et d'effrois inavoués devant d'irréductibles antinomies. Les premiers drames de notre auteur donnèrent des images un peu vagues, mais justes et touchantes de ces sentiments enfantins et com- pliqués, que tous partageaient : c'étaient de juvéniles hallu- cinations, où chacun croyait reconnaître ses propres rêves, et y mettait complaisamment un reflet du divin, une profondeur insoupçonnée. Puis il arriva que Maeterlinck rencontra la Vie et la pensée des philosophes. La Vie lui a appris qu'on s'accommode très bien du mystère ; les philosophes, que le mystère s'accroît à mesure qu'on l'éclaircit et qu'il n'y a là rien d'effrayant. Les petites filles qui frappaient aux portes closes, dans le château aux couloirs interminables où le poète les enfermait, surent que les portes sont plus nombreuses

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