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UNE BELLE VUE 99

réservé. En attendant, nous regardons autour de nous et dénombrons les changements.

Le comte et la comtesse de Chaberton de Sérigny ont vendu leur propriété de Saint-Clair. Ils sont riches, et, le Pape aidant, tout à fait nobles ; acquéreurs d'un " château historique " en Bourgogne, ils donnent des chasses courues par toute l'aristocratie de la région. Une longue maladie a emporté madame Davèzieux. Le beau Tonio s'est remarié avec une de ses nièces et habite le Midi ; on en jase encore. Prosper, dont la vocation militaire ne s'est pas confirmée, vient d'acquérir à Charlemont une étude d'avoué ; il fait la navette entre la ville et la campagne. M. Tuffier-Maze a été conduit par l'absinthe au cabanon ; sa femme, encore jolie, s'en console aussi aisément qu'elle feint mieux d'en être affectée. Une attaque d'apoplexie a foudroyé le colonel Fumade. M. le curé s'est contenté de vieillir. Quant à M. Servonnet, il sème gaillardement sur sa route amis et connaissances. A quatre-vingt-dix ans il est toujours valide, n'ayant pour ainsi dire pas changé depuis que je le connais; mais il radote pour de bon. Je ne parle pas de mes parents de Mauvent du sort desquels je ne suis plus informé. Le " scandale " de mon mariage " inconve- nant " a rompu les derniers liens qui unissaient les deux branches de la famille Landry. Mon oncle Hippolyte et sa tribu d'ingénieurs ne veulent avoir rien de commun avec un " ménage peu recommandable ". Divers indices me donnent à penser qu'ils ne sont pas les seuls à condamner " ma folie ".

Lorsque nous fîmes pour la première fois notre tour de propriétaires, nous fûmes stupéfaits du magnifique dévelop- pement qu'avait pris sur la frontière supérieure de Longval

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