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sèrent silencieusement, et, mêlant ses larmes aux miennes, celle qui devait être un jour ma femme me donna son premier baiser.

XXIV

Douze années ont passé. En leur prompte révolution que d’événements se sont succédés! Le décès de M. Tourneur tout d’abord, la vente du Colombier, le départ de madame Tourneur, l’entrée de Marguerite au Carmel, notre installation à Paris pour l’achèvement de mes études, notre réunion là-bas avec les amies qui nous y appelaient, mon mariage, et deux ans après la fin prématurée de ma chère maman. Le sort le plus communément départi à l’homme voulant que je ne fusse ni tout à fait heureux, ni tout à fait malheureux, les joies, les deuils s’opposaient les uns aux autres.

Aujourd’hui, nous voici, Henriette et moi, revenus à Longval, où les Trottmann, victimes de mauvaises affaires, n’ont pas été remplacés. Nous avons tenu à accomplir ce pèlerinage aux lieux qui ont vu naître notre amour. Et puis la vieille Octavie, qui prend sa retraite au château, me réclamait à grands cris ; elle craignait de disparaître avant de me revoir.

Mais nous sommes perplexes. Nous déferons-nous de Longval ? Il n’y a guère que des souvenirs qui nous y rappellent, et Charlemont est relativement éloigné de Paris où me retiennent les obligations de ma carrière. Ou bien garderons-nous cette maison de campagne pour en jouir aux époques de liberté ? Nous prendrons une décision à la fin de notre séjour, suivant ce qu’il nous aura