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158 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

objections théoriques, le plaisir que nous font goiîter les Jouets de Paris dont Paul Leclercq nous donne une nouvelle édition. Ces amusants croquis ne révèlent pas encore toute la sensibilité que nous ont fait connaître depuis, les Aventures de Bécot. Mais une grâce charmante, surtout dans certaines figurines de femmes, la font déjà pressentir. Une atmosphère plus voluptueuse vient noyer la sécheresse de certains détails ailleurs un peu trop minutieusement combinés et l'on y sent l'auteur délibérément quitter la région des Histoires naturelles.

J. S.

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  1. *

��LE ROMAN DE SIX PETITES FILLES, par Mme Lucie Delarue-M ardrus .

On louera plus loin la fraîcheur et la grâce de ce livre : rien toutefois ne nous fit autant de plaisir que l'instinctive et sagace préférence que d'un bout à l'autre l'auteur y trahit pour ce qu'il y a de meilleur dans son sujet. T.e Roman de Six Petites Filles est, en effet, composé de deux éléments d'intérêt qui, pour se combiner et se juxtaposer, n'en demeurent pas moins nettement distincts. Il y a d'une part l'histoire des amours d'une jeune Anglaise romanesque et caressante avec le père des élèves qu'elle est chargée d'enseigner ; il y a d'autre part, et tout bonnement, six petites filles. Sans doute ce qui fait la matière et l'occasion du livre, on voit bien que c'est l'intrigue de Miss Olive et de cet assez peu recommandable galantin qu'on nous présente comme " le beau Paul ". Combien les six petites filles, étrangères — heureusement ! — à l'action, épisodiques, intermittentes et seulement décoratives, nous touchent davantage, et comme nous approuvons l'auteur d'avoir deviné et compris que c'était elles la raison d'être véritable de son ouvrage. Cette pauvre Olive a beau lamenter ses illusions et son cœur brisé, c'est le bout du monde si nous ne la trouvons pas importune ; il y a trop de littérature en son

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