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��LA CULTURE DU SOUVENIR.

a propos des lettres de jeunesse d'Eugène Fromentin.

O Temps ! suspends ton vol. . .

Voici que viennent de paraître les Lettres de Jeunesse d'Eugène Fromentin : ses dévots les liront avec une curio- sité tendre, sûrs d'y retrouver toute l'âme de cet artiste si rrai, anxieux de saisir mieux encore le secret de sa séduc- tion peut-être unique.

En vérité, cette correspondance, qui s'arrête en 1848, quatre ans avant la publication de son premier livre, près de quinze ans avant Dominique^ ne change pas l'idée que nous avions de lui ; son œuvre écrite était bien son image ; et des études où se discerne la connaissance intime et documentée de Fromentin, de son pays, de ses proches, avaient éclairé déjà, d'une très délicate lumière, quelques- unes de nos incertitudes au sujet de cet esprit complexe et limpide à la fois. Mais ce que nous savions et ce que nous pensions s'illustre d'exemples exquis, et s'enrichit de nuances nouvelles.

" L'œuvre de Fromentin, comme la muse antique, est vraiment fille de la mémoire ^ " a-t-on pu dire ; et de cette " mémoire spéciale, peu sensible aux faits, mais

' Eugène Fromentin et Dominique-homs Gillet. Revue de Paris 1905-

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