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A ANDRE CHENIER II5

Que prête à mes loisirs ce peuple de feuillage. C'est ici qu autrefois tu vis, à son ombrage Où leur foule splendide et neuve fa souri, Naître, de ton haleine inventive nourri, Et par toi détourné des sources maternelles. Cet Olympe où le trait des forces éternelles Emprunte les couleurs d'un visage animé. Quand même tu Pavais dans V esprit imprimé. Bien que sous ton pinceau je cherche en ')>ain sa trace, Ce docte paysage où le regard n embrasse Qu un fertile horizon de paisibles vergers. C'est lui qui, t' inspirant d'harmonieux bergers. Par sa mollesse infuse h tes grades distiques. Inclinait leur églogue aux cadences antiques. Et ce bel Aude aussi dont il presse le cours A tTà)>ers les replis de ses larges contours. Persuadait sa courbe aux festons de la Seine, Lorsque tu déroulais la nymphe élyséenne A toi seul dévoilant ses liquides lambris. En retour de l'honneur sur tes let>res appris.

Mais au faite des jours où, prévoyant l'orage Et les tristes revers promis a ton courage. D'un pas que le destin n'avait pas abattu. Enflammé d'une mâle et bouillante vertu. Sans témoins tu suivais les bois et les fontaines Dont Versailles déserte assemble ses domaines. Dans ce royal parttrre où de nobles jardins Subjuguent la nature asserVie a leurs fins.

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