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GEORGE MEREDITH 477

foisonnante et cadencée, n'a pas laissé parfois d'in- quiéter un public saxon que ses traditions litté- raires n'y avaient point préparé, elle est au premier abord, une surprise et une joie pour le lecteur français rompu à la volute classique et qui sait quelle part ont eue les lettres de son pays dans la formation intellectuelle de Meredith. Quelque persuasif cependant que soit le charme de son écriture, ce serait singulièrement restreindre ce hautain esprit que de situer le secret de son prestige dans ce contact extérieur et pour lui, somme toute, bien grossier.

C'est ainsi qu'en vain nous cherchons à démêler d'où vient le son délicieux : sitôt que notre main touche le cristal, tout expire à l'instant et devient muet. Poète ou romancier, l'un et l'autre de telle sorte qu'on ne distingue pas où il est plus spéciale- ment contenu, Meredith, par quelque bout qu'on le prenne, résiste à notre curiosité. Le fer glisse sur cette cuirasse dorée sans trouver le joint, et si à le regarder de près, nous parvenons à isoler les raisons que nous avons de l'estimer, force nous est bien de constater que le principe qui combine de si riches matières continue de nous échapper et que nous ne saurions rien dissocier sans rompre du même coup l'unité morale qui fait la grandeur de l'œuvre.

Aussi bien, l'explication que ses livres ni ses confidences ne consentent à nous livrer, c'est à

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