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LA CAPTIVE DES BORROMEES 525

apparemment, madame, lui dis-je, que la seule réponse à fournir à ce discours, c'est d'accepter mon bras et de souffrir que je vous mène à l'hôtellerie prochaine où votre logement est prêt et où je ferai en sorte que ma voiture vienne bientôt vous chercher. A mon grand étonnement toutefois la jeune femme repoussa le bras que je lui offrais et baissa la tête, sans mot dire. — Eh quoi ! m'écriai-je, la crainte vous arrêterait !... Me faites-vous si peu confiance que sous les yeux de votre tyran, vous n'osiez plus tenter ce que, loin de lui, vous paraissiez montrer tant d'ardeur à accomplir ? — Mais comme je faisais un pas vers elle, je la vis reculer, un instant hésiter et regagner enfin, le front bas, la barque même qui nous avait amenés. Une volte- face que j'étais si éloigné de prévoir me plongea dans un étourdissement qui me fit une minute demeurer bouche bée et sans plus savoir où j'en étais. La voix d'Ascanio me rappela à moi-même. — Ma parole, chevalier, vous alliez faire un beau coup ! En même temps, il me prenait familièrement par l'épaule et tournant vers moi son visage qu'animait une joie diabolique : — Voilà bien ces paladins ! poursuivit-il. Pour satisfaire leur toquade, ils sont hommes à traîner malgré elles sur les routes les princesses les plus satisfaites de leur lot !... Au surplus, ajouta-t-il d'un ton calme, je ne vous en veux point. Moi-même à votre place je n'eusse sans doute pas agi autrement. C'est le propre de notre sang d'être prompt à ces généreux entraînements. Aussi bien, cher cousin, demeurons amis. Je serais désolé pour ma part si vous faisiez compte que cette vétille pût porter préjudice à la très profonde affection que j'éprouve à votre égard et dont je suis heureux de vous renouveler une dernière fois

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