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��LA CAPTIVE DES BORROMEES 5 1 9

et les monts qu'on voyait au loin, tout paraissait à nos yeux moins reposer que flotter parmi la volatile clarté de l'azur. Mais enfin il fallut se coucher. Délia la première se retira. Je ne tardai pas à suivre son exemple. On eût juré toutefois que le Comte ne pouvait se résoudre à me lâcher. Lui-même, un flambeau à la main, il tint à m'escorter jusqu'à ma chambre. Dix minutes encore, force me fut sur le seuil d'endurer son fastidieux verbiage. Peu s'en fallut qu'excédé à la longue et ne sachant comment me dépêtrer du fâcheux, je ne lui fermasse bonnement la porte au nez.

��Quand je rouvris les yeux, ce fut lui derechef que j'aperçus devant moi. Mal réveillé et pensant d'abord qu'à peine je venais de le quitter : — Eh quoi, fis-je en sursaut, vous n'êtes point couché ?... Que se passe-t-il donc?... — Rassurez-vous, me dit-il en riant, il fait grand jour et la nuit, Dieu merci, s'est fort paisiblement écoulée. Assurément me serais-je fait scrupule de troubler votre sommeil, n'eût été l'obligation où je suis de prendre congé de vous sur-le-champ... — S'étant assis à mon chevet, il m'informa alors qu'ayant reçu la nouvelle que certains de ses gens s'étaient un peu entrecoupé la gorge dans un village qu'il possédait de l'autre côté de l'eau, il lui fallait s'y porter d'urgence. — Comment, tout de suite..., — m'écriai-je. La nouvelle de ce départ précipité me confondait en effet à cause des facilités qu'il apportait à l'exécution de mes projets. Le Comte se méprit sur le sens de mon exclamation. — Il le faut, poursuivit-il ; quand cette frénésie les prend, on ne saurait prévoir où

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