Ouvrir le menu principal
Cette page n’a pas encore été corrigée


LA CAPTIVE DES BORROMEES 505

fâcheux pouvait soustraire Délia à mes recherches. La déconvenue que j'éprouvai à ne la trouver nulle part rompit le charme : pour la première fois en même temps, je m'avisai qu'il y avait peu d'apparence, en vérité, qu'à cette heure matinale la jeune femme s'aventurât dans le parc où la chaleur et le soleil gagnaient d'instant en instant. — Parbleu, m'écriai-je, je ne suis qu'un sot : c'est au château qu'il me fallait la chercher ! Comment ai-je pu croire que, mise en éveil par mon empressement, la jalousie d'Ascanio tolérerait qu'elle reparût seule dans ces lieux où elle est à ma merci !... — Et incontinent, je me dirigeai vers le palais. Mais comme j'allais traverser la vaste pelouse ombragée qui menait au perron, je m'arrêtai brusquement à la vue de mon cousin qui se promenait de long en large sous les arbres, escorté de son intendant et d'un vieux bonhomme, moitié rustaud, moitié pêcheur, dont la mine servile et l'air de frayeur montraient assez quelle sorte d'inhumaine autorité devait exercer Ascanio sur les malheureux que le sort condamnait à dépendre de ses ordres. Si le Comte m'eût abordé à cet endroit, il aurait mis infailliblement toute ma machine à l'envers, car il importait que Délia fût informée au plus tôt des dispositions sur lesquelles elle allait avoir à régler sa conduite. La chance toutefois me favorisa. Au bout d'un instant, en effet, je vis le trio s'enfoncer dans une allée où ils ne tardèrent pas à disparaître. Je me hâtai pour lors de gagner le logis afin de reprendre mes recherches, où l'alerte dont je sortais m'avertissait de mettre le plus de diligence qu'il m'était possible. Le gros portier dormassait, la bouche ouverte, dans un coin : mon approche ne le réveilla pas. Vivement je m'engageai dans la galerie.

�� �