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LE CLASSICISME ET M. MOREAS 503

qui se réfugie dans le souvenir d'une perfection révolue, qui s'exténue à en évoquer l'ombre, qui use monotonement chaque touche d'un instrument déjà usé. Que M. Charles Maurras écrivit là- dessus de justes lignes dans un article récent contre le "beau vers " ! — mais peut-être sans s'en douter... Il devrait se lamenter avec nous de voir le noble effort de M. Moréas autoriser de son exemple toutes les lâchetés et toutes les redites, comme après l'alexandrinisme et sous les derniers empereurs romains... Si son "roi " revenait, ce ne serait pas, j'imagine, pour gouverner comme gou- vernait le " grand roi "...?

Que si devait triompher cependant ce " classi- cisme " décadent, formel et vide, aux dépens de notre idéal, — et bien ! au nom de nos plus profon- des aspirations, joyeusement, nous revendiquerions le titre de " barbares ". Car un équilibre vital peut sortir un jour de la barbarie — et nous aimons mieux nous trouver sur le chemin qui mène à la beauté classique, que sur celui qui en revient.

Henri Ghéon.

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