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SOI LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

en aucun temps, quoi que vous prétendiez, une forme devenue formule n'a pu servir l'idée. Elle l'amollit, la ternit, la dilue, elle lui retire tout accent. Du reste, il y a contradiction dans vos paroles, lorsque vous louez tour à tour la difficulté vaincue (o difficulté enfantine de l'alexandrin !) et la liberté d'esprit que cette même forme prévue et mécanique laisse au poète pour " penser ". Vous parlez des " ornements " du vers libre comme quelqu'un qui ne le connaît pas, puisque sa seule ambition c'est de s'adapter logiquement, harmo- nieusement, exactement à la pensée nue. Quoi, en êtes-vous encore à séparer la forme du fond ? Leur union irrésistible et absolue nous semble à nous un trait fondamental du classicisme, de notre classicisme, de tous les classicismes passés et avenir!

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��Marchons-nous dans la bonne voie ? Je le pense. Sommes-nous loin du but ? On juge mal de la valeur exacte de son propre effort. Que devant nos réalisations sans doute imparfaites, on nous traite de décadents ou de barbares. Tant pis ! Nous répondrons en prenant à témoin l'histoire des grandes littératures à leur période de déca- dence. Car le signe d'un art décadent, ce n'est pas l'anarchie, l'impatience de créer autrement, la folie, mais bien précisément cette sagesse moutonnière

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