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500 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

siècles. Je ne parle pas à'Iphigénie, œuvre neutre, glacée, sans vie intérieure, sans nécessité. Si M. Moréas a dépassé Malherbe, il n'a pu atteindre à Racine. On devine pour quelles raisons.

Où je le sens le plus spontanément classique, c'est dans sa prose. Non que " l'Idée ", pour parler comme M. Clouard, ait chez lui la vertu et le foisonnement que nous admirons en Pascal, en La Rochefoucauld, voire en La Bruyère... mais j'y trouve, à ne pas dire grand'chose, une désin- volture charmante, un tour aisé, leste et vivant — de la liberté en somme. Mais ce n'est pas en cela qu'on l'aura jamais " imité ".

M. Clouard se rend-il compte maintenant de mon effarement devant sa conclusion extatique ? Qu'il contemple en M. Moréas la France, libre à lui ; pour moi je ne puis contempler en ce poète, avec vénération et admiration du reste, qu'un coin d'une France passée qui ne ressuscitera pas.

Quoi ? Depuis le XVII e siècle, notre patrimoine national s'est accru de l'apport anglais de l'Ency- clopédie, du romantisme, de la philosophie alle- mande, de l'impressionnisme, de la psychologie russe et Scandinave, du symbolisme, de l'exotisme et de toute la musique des siècles ! Suivant son rôle éternel, l'esprit français a accueilli et absorbé la pensée et l'art de tout l'univers ! Et quand enfin il tente de " réduire à la mesure, à l'équilibre, à la beauté " son originalité propre et l'originalité di-

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