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496 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

applicable indifféremment à tous les cas. Tel il était pour Sophocle ou pour Euripide, tel il reste pour nous. Nous le tenons de nos aïeux du grand siècle, qui le tenaient des Romains, qui des Grecs, qui... — des Dieux, sans doute. — Méditez leur exemple, o classiques d'imitation ! car dans le domaine des lettres, les Grecs n'ont rien reçu en héritage — et ils se sont enrichis cependant.

Voici les faits. En deux mémorables occasions, à vingt siècles de distance, grâce à la rencontre heureuse du Nord et du Midi, l'art littéraire a pu réaliser son maximum de perfection et d'équilibre, une fois en Grèce sous Périclès, une fois en France sous Louis XIV. Deux équilibres, deux classicismes.

C'est à dessein que je ne parle pas de Rome. La littérature latine, issue directement et immédiate- ment de la littérature grecque n'a fait que pro- longer et que refléter celle-ci. Elle n'apportait rien de nouveau que sa langue forte et concise ; ce fut vraiment une littérature de seconde main, comme le pseudo-classicisme anglais qui singea notre dix- septième siècle.

Il en va tout autrement du classicisme français. Je veux bien que la connaissance profonde des littératures anciennes, que le culte qu'on leur vouait, aient eu une influence sur sa direction et sur son apparence... Je ne nie pas qu'un Racine, qu'un La Fontaine, qu'un La Bruyère se soient

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