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LETTRE A P. C, CONSUL 485

Par les bosquets et par les champs la route coupe ce que Von voit en deux, et serpente là-bas

jusques auprès de la rivière qui s'en va sans grand bruit, large ouverte et en janvier froissée

par les glaces qui sont par ses bords repoussées. L'usine à sucre au long du champ de betteraves, les traîneux, la roulotte encadrant un front hâve, le rouleau sursautant sur la chaussée, voilà.

Et le poète écrit dans le vent des lilas

pour toi, consul qui vis chez un peuple sauvage,

cette lettre où le rossignol fait son ramage.

Tu me mandes que tu ne retiens pas encor. Qu'importe ! Notre nef fend les flots de la mort elle-même. Le vent de Dieu est dans nos cœurs. Le chant des papillons, la claire paix des fleurs sont au Ciel et le Ciel notre âme y aborde quand nous voulons, la grâce chante dans nos cordes* Souviens-toi de quand nous priâmes à Bayonne ; je croyais tout fini tant la nue était jaune. Mais je me suis sauvé comme ce missionnaire n'ayant qu'une araignée dans sa barque légère. L'enfant de mon sang dort dans la chambre à côté. J'étais mort. J'ai donné la Vie et j'ai testé. C'est chez toi que mon Dieu m'a choisi une femme. Tends-moi la main. Levons les ancres de nos âmes. J? recommande à tes prières ces amis : Gide qui toujours flotte et retient d'Italie ;

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