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394 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

, Peut-être est-ce par cette inscription immuable des rythmes vivants, que m'émeut de façon si complexe le Jardin d Amour ^ où de longs corps de femmes dévoilés dans la fixité d'un accord géométrique immobilisent leur sensuelle grâce.

J. R.

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��UNE ELECTION ACADEMIQUE.

Si M. Brieux — dont on dit qu'un groupe de partisans suscita malgré lui la candidature contre celle de M. de Porto-Riche — si M. Brieux avait eu plus de pudeur et de bon sens que d'ambition, il se fût refusé à courir les chances d'un succès ridicule. Cela dit, nous n'allons pas nous corroucer de l'échec de M. de Porto-Riche. Aussi bien est-il naturel que contre celui-ci M. M. Paul Hervieu, Maurice Donnay, Jules Lemaître — si je suis bien renseigné — aient mené une campagne inique... Un jour, dans un salon, quelques dramaturges réunis malme- naient assez rudement en leurs propos l'auteur du Théâtre d'Amour. Et comme un jeune homme mal renseigné se penchait à l'oreille de Lucien Muhlfeld pour lui deman- der ce que Porto-Riche pouvait bien avoir fait à ces mes- sieurs, " Vous ne le savez pas ? répondit Muhlfeld. Il leur a fait Amoureuse "... Pourtant voilà un homme qui ne gêne pas beaucoup les fabricants des boulevards. Il n'accapare aucune scène. On ne le rencontre guère dans les anti- chambres des ministres ni dans celles des directeurs. Il s'agissait de lui octroyer tardivement, et sans préjudice matériel pour personne, un honneur que certains profiteurs de son œuvre ne sollicitèrent pas vainement. Et, sous le couvert de convenances politiques, il se voit lâché par les Paul Bourget et les Maurice Barrés qui reportent leurs voix sur M. Brieux !

Cinq académiciens tenaient pour M. de Porto-Riche. Il faut les nommer : Emile Faguet, d'Haussonville, Fré-

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