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SUITE AU RÉCIT ... 359

son bonnet pour s'accommoder. Mais je ne fus pas que peu stupéfait à la voir tête nue et les cheveux si courts qu'il semblait qu'ils commençassent seulement à pousser.

— " Vous qui aviez de si beaux cheveux, dis-je, qu'en avez-vous fait ? " Elle se retourna, à ces mots, avec une promptitude qui me déconcerta.

— " Mes cheveux, me dit-elle avec un accent qui m'émut vraiment de compassion et de regret, ils sont à l'Hôpital r " — " Quoi ? fis-je, à l'Hôpital !" — « Oui, oui, me répondit-elle, le vieux G. M. m'y a fait enfermer, il y a six mois, pour me punir d'être revenue avec son fils ; et, à l'Hôpital, on vous rase les cheveux ! "

Ce nom d'Hôpital, prononcé avec tant de répulsion par cette malheureuse, en venant me rappeler tout ce que Manon avait souffert aussi du même homme, acheva de me tirer complètement de ma rêverie. Le bourreau me marquant avec le lys rougi ne m'eût pas causé plus de dou- leur que ce mot-là. D'un bond, je m'étais dressé ; j'allais et venais à présent par la chambre ; l'indignation que je ressentais me jetait hors de moi. Je répétai le mot hôpital! hôpital ! à plusieurs reprises et d'un air si farouche que cette fille prit peur. — " Le vieux lâche, dis-je, n'a donc pas changé et il use toujours des mêmes supplices envers ceux qui ne veulent pas plier devant ses violences? "

La malheureuse, qui en était demeurée là de sa toilette, essayait, mais vainement, par de douces paroles, de calmer mon emportement. — " Comment, criai-je alors, d'une voix forte; un être aussi adorable que Manon, un ami aussi bon que Tiberge ont pu disparaître de mon chemin, appelés par la mort et l'oubli. Et toi, bandit abominable, au comble de la fortune, au dessus des lois et du roi, tu

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