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DÉCOR à Paule Lysaine


Le gazon râpé de la berge,
Des peupliers, un ciel que l'eau
Rend plus nostalgiquement beau
Et les volets verts de l'auberge..

Tu vis des jours paisiblement,
De pauvres jours qui se ressemblent,
Et, sous les feuillages qui tremblent,
Tu poursuis un rêve qui ment.

Voici la nuit, voici la brise,
Voici la lune à l'horizon ;
Tu t’exaltes, non sans raison,
D’une aussi magique surprise.

Mais un soir tu t’étourdiras
De souffrance, de poésie,
Et tu pleureras, chair transie,
Le front serré dans tes deux bras.


Francis Carco

Briançon, Juin 1909.