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2 82 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

le beau fleuve^ un bel arc pour enjamber tant de beaux bateaux^ une belle courbe^ lourde et un peu sourde^ mais belky majestueuse, O'à passe le beau fleuve...

Nous le laisserons, car la phrase commencée continuera pendant cinq pages. Et il y aurait ensuite Paris encore, et puis les cathédrales, et le village français, et les paysages français ; — et la plaine de Beauce (qu'évidemment le monde moderne n'a point faite) ; — et les armées qui peuvent y manœuvrer ; — et le sac des soldats de 93 ; — et des vers de Hugo, puis un vers de Vigny ; — enfin les fleuves de France, la Loire, " fleuve de la Pléiade," les poèmes de Ronsard, et "les admirables châteaux de l'admirable vallée." — Et voilà : Nous ne conclurons pas aujourd'hui. Nous sommes loin de la situation faite au parti intellectuel; Péguy ne nous a rien prouvé; Péguy ne nous a rien appris ; mais il nous a suggéré de quoi réfléchir plus d'un jour...

A quoi bon signaler ici, pour les lecteurs ou pour Péguy lui-même, tout ce qui, dans ses opinions, excède mes jugements, tout ce qui, dans son style, outrepasse mon goût. L'essen- tiel, c'est ç\\xil faut le lire. Ce Cahier, notamment, que j'ai pris pour exemple, j'aimerais qu'il ne fût pas connu seulement entre nos frontières ; j'en voudrais semer des exemplaires parmi les Anglais et les Allemands. Ils y verraient d'abord l'image

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