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NOTES 333

Dramatique de Schlegel, des Principes Politiques de Benjamin Constant, de l'Esprit des Lois et d'un Télémaque. On y trouve confondues pêle-mêle des observations de critique générale, des considérations d'ordre politique, enfin et surtout des réflexions intimes de Beyle sur lui-même. Les premières tirent leur à-propos et leur intérêt des textes qu'elles visent et dont elles se séparent difficilement : les citer nous entraîne- rait trop loin. Pour les secondes, elles ne révèlent rien qu'on ne sache déjà de convictions dont Stendhal, quoi qu'en dise son éditeur occasionnel, ne s'est jamais caché mais qui évi- demment ne sont pas pour flatter le public un peu spécial du Correspondant. C'est aux notes personnelles que va notre curiosité la plus vive, d'abord parce qu'il n'y est parlé que de Stendhal et par Stendhal, ensuite parce que rien ne saurait être plus significatif pour l'intelligence de cette grande co- quette que fut toujours Beyle que ces traits furtifs, ces rapides détails saisis au vol et fixés comme clandestinement, sans arrière-pensée de publicité et sans l'apprêt involontaire de la confidence à autrui destinée. Nous n'en rapporterons rien ici : il vaut mieux laisser au lecteur la liberté et le plaisir du choix et le renvoyer tout simplement au Correspondant, d'autant que les présentations de M. Blanchard de Farges ne manquent point parfois d'un certain drolatique imprévu.

Dans la même revue, d'ailleurs, nous avons la surprise de trouver une traduction du Nigger of the Narcissus. De Conrad, on n'avait jusqu'à présent révélé au public français que ce qui était le plus propre à le faire méconnaître. Comme on voudrait féhciter M. d'Humières de nous montrer enfin le vrai Conrad et de s'être attaqué tout justement à l'œuvre où il est le plus complètement contenu ! Mais les timidités d'une version qui arrondit tous les angles, esquive les nœuds, étouffe les couleurs et ne suit même pas le texte, nous font un peu craindre qu'il faille moins louer la réussite que la bonne volonté du traducteur.

A. R.

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