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242 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

basses, sauvages, fiévreuses et non nettoyées d'un Oreste ou d'une Hermione, d'une Phèdre ou d'un Néron — et que les hautes régions sont les pauvres. S'il atteignit lui-même aux hauts plateaux de la vertu, n'est-ce pas une secrète raison de son silence à l'apogée de sa carrière : le peu d'épaisseur qu'il trouvait aux sujets en concorde avec sa piété ?....

Et l'on peut dire encore tout à la fois : que les plus généreuses individualités sont les plus malai- sément cultivables (à quelle pauvreté de tempéra- ment est duc souvent la perfection de la culture : un Anatole France en'paraît un exemple flagrant) — et que chacun de nous n'appelle à la culture, d'abord, que les parties les plus superficielles de son être, les plus pauvres; et le plus souvent s'en tient là, gardant le dédain, ou le mépris, ou l'ignorance de ses régions profondes et broussailleuses, de ses latentes fécondités.

Mais, diront quelques néo-latins, nous ne discu- tons pas le plus ou moins de fécondité de nos terres, nous souhaitons seulement de reconnaître celles sur qui nos talents, nos procédés de culture, s'emploient le plus commodément. Il va de soi que ce sont les terres latines. — Eh ! libre à vous Messieurs, si vous ne vous sentez pas de force à en attaquer d'autres et les réduire à composition, libre à vous de vous en tenir aux terres déjà labourées ! mais admettez que ceux à qui la robustesse, la hardiesse,

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