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logie, de tout l'effort historique du siècle dernier, l'idée que nous avons de la Grèce antique est peut-être plus conventionnelle que celle de nos classiques du 17e siècle”. Louis Bertrand voudrait donc acheminer nos gens de lettres vers “une conception plus positive du passé hellénique”. Les romantiques de l'hellénisme adorent, dit-il, une Grèce factice “invention d'humanistes et d'antiquaires, d'hommes de cabinet enfiévrés par leurs livres, ou exaltés par leurs médailles, leurs statuettes et leurs bronzes. Elle date, chez nous, de la Renaissance... Nos classiques s'en détournèrent. C'étaient des esprits trop positifs pour se laisser séduire à ce mirage”. Le premier, Fénelon restaure le mensonge païen, impose par son Télémaque l'obsession d'une réalité déjà très prochaine. On commence alors à se dire : “La Grèce, c'était peut-être celà ! Heureux temps ! charmante simplicité ! Que ne pouvons-nous y revenir ! Les anciens furent des privilégiés ! fortunatos nimium !” Peut-être ici convenait-il de mentionner la découverte d'Herculanum et de Pompeï, l'influence de l'Académie des Inscriptions sur celle de Peinture et Sculpture, et les efforts du comte de Caylus, conspirant avec ceux de Winckelmann.[1] Mais Louis Bertrand préfère concentrer ses foudres sur André Chénier. Ce fils de la Grecque, natif non de Byzance, mais bien

  1. V. Lanson : Histoire de la littérature française, p. 832 : Retour à l'art antique.