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dernière onde copieuse, il a comblé magnifiquement la mesure !
Il oscille encore, il achève d'asseoir ses eaux ;
il se déride à la fin tout entier et s'aplanit. Et une suprême vague venant y ajouter son volume semble en parfaire la plénitude.


Silence. L'arrêt de tous les vents ;
et ces puissantes eaux, comme elles ne bougent pas ! et pèsent dans l'étendue.



Tout le jour ! tandis que passent
par volées les nuages, soufflés du fond de l'Ouest, et qu'une houle volumineuse assomme le plat rivage sourd,
— et des pans d'eau se renversent, on voit là-bas les vagues
contre le récif l'une après l'autre se détruire ! —
ah tout le jour passionnément ! sous les décharges de vent et la pluie oblique,
le long de l'Océan je vais, insatiable du remuement des eaux.


Mais au soir, l'apparition de l'azur où finit un soleil jaune !
et les montagnes demeurent sous une housse de vapeurs. Je m'arrête, pacifié par l'embellie.