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108 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

n'avoir pas abusé de situations trop facilement pathétiques. Il y a bien çà et là quelques gênantes intentions littéraires : opposition de la jeunesse qui chante et des parents qui pleurent ; mort du vieil ouvrier qui tombe en gémissant : La vie ! la vie !... Mais ce ne sont là que des erreurs d'un instant. L'ensemble de la pièce est d'une gravité convaincue et d'une présentation immédiate, sans artifice et qu'on n'écoute pas sans émotion.

Mais pourquoi jouer une telle pièce devant un public qui ne se pique que de littérature ? Si l'auteur a des prétentions de ce côté, il cesse du coup d'être intéressant, et s'il n'en a pas, qu'on le joue à Belleville ou à Montrouge. Le contact des gens de lettres ne vaut rien aux sincères pièces populaires. Qu'on se rappelle la déchéance d'Oberammergau. Si véritable- ment l'auteur des Vieux a voulu émouvoir des gens simples, il y a une sorte de manque de respect à offrir sa pièce à la curiosité de dilettantes, et l'on éprouve, à l'égard de ces éclopés, une façon de malaise.

  1. #

" Le film d'art. "

Ce titre est un chef d'oeuvre. Il fait rêver...

On sait qu'il désigne une magnifique entreprise. M. Henri Lavedan de l'Académie Française, M. Charles Le Bargy de la Comédie Française,... et M. Pathé se sont avisés que le ciné- matographe pourrait utilement servir leur conception de l'art du théâtre. Et ils ont imaginé de faire mimer par des acteurs en renom, devant l'objectif du photographe, des drames et des comédies.

Le " film d'art" a donné récemment, à la salle Charras, sa première représentation avec L'Assassinat du Duc de Guise de Henri Lavedan. Et dans sa chronique dramatique du 23 no- vembre, M. Adolphe Brisson s'efforce à démontrer la haute signification artistique de ce spectacle nouveau. C'est " une forme de théâtre neuve, " écrit-il, dont il importe de " tactifier l'esthétique ".

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