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NOTES 9^ ^

d'une partie de cette génération, celle qui était le mieux pré- disposée à s'enorgueillir et à s'exalter du destin qui lui était réservé au sortir du collège.

. . .Soiio^i' Que nous serions restés toujùun inassouvis Si l'heureux coup du sort ne nous avait ravis.

{Fond de Cantine, p. 1 5).

Ces jeunes hommes n'ont pas eu, entre leur deuxième baccalauréat et leur débarquement dans la vie-tellc-qu'ellc- est, ces quatre ou cinq années de navigation errante et de flânerie à travers un océan d'images, d'idéologies, de rêves, de traditions, de contacts où l'adolescence enrichit sa per- sonnalité, se tamise et s'arrondit aux angles. Avant que la vie se charge de cet office, nos auteurs de prédilection dégon- flent les ballons de notre dix-septième année et nous ensei- gnent à en gonfler d'autres.

Il y a là enrichissement certain de la personnalité, (qu'est- ce en effet que cinq petits sens et un seul cerveau pour explorer le monde et soi-même ?), mais il y a risque de (iépersonnaiisalioii .

Drieu La Rochelle, collégien émancipé par la guerre, pré- servé par elle de la timidité et de la crainte du ridicule, encouragé par les.brisques de sa manche droite, a osé notifier pêle-mêle et sans tarder aux générations précédentes les raisons de vivre de la sienne.

Il a fait sauter les ponts derrière lui comme Barres en 1888. Fond de Cantitje suit Interrogation, comme Un homtm libre a suivi Sous l'Œil des Barbares. L'exercice d'application vient après l'exposé doctrinal.

Drieu La Rochelle est autant logicien et systématique que poète, et ses deux premiers ouvrages sont plus des essais que des poèmes. Drieu nous a donné à la mode de son temps, sans ironie, un pendant au Ctilie du Moi et, comme Barrés, fourni sa réponse provisoire aux deux ques-

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