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NOTES ^^j

Voici maintenant, selon le poète de VArc d'Ulysse, la struc- ture normande du cerveau :

« Avec la faculté non contradictoire de l'enthousiasme, l'esprit pratique, et, dans l'espèce, réaliste, le respect du fait et du succès. Un rêve, qui a des contours définis, voit d'avance l'action et l'engendre. Un goût rude à l'origine, puis apaisé par le décor d'une nature plus plantureuse et moins tourmentée que la patrie originelle. Un sérieux qui méprise la frivolité. Une extrême prudence à s'engager, et une habile souplesse à se dégager, ce qu'on nomme notre dit et notre dédit. Un attachement infrangible à ce que le Nor- mand regarde comme son droit ; d'où — pour le rechercher, ce droit — le goût de l'histoire ; des dispositions naturelles à l'étude et à l'interprétation des lois, et à la procédure. Des loups mués en renards, parce que l'adresse devient un meil- leur levier que le muscle. De la ruse, disent nos voisins, mais souvent légitime, mais parfois nécessaire. En tout cas assez de noblesse pour inventer le jury... la clameur de Haro, le jugement prompt et par les pairs, toutes les formes de l'équité sociale. »

Ici Charles-Théophile Féret trace un magnifique tableau de l'histoire littéraire normande, depuis Théroulde, W'acc, Béroul et Thomas. La poésie satirique appartient presque en propre aux Normands. Normand, Vauquelin de la Fresnaye, auteur du premier art poétique en forme et dont la race au bout de quatre siècles donne encore un peintre à la France !

Mais, comme l'obser^'e fort justement Féret, l'énumération de nos anciennes prééminences non plus que les constatations de l'état-civil ne résolvent pas ce problème : « Hxiste-t-il encore en Normandie un génie littéraire normand ?» Le seul trait commun qui puisse être relevé est la persistance d'une poésie discursive, dans les formes classiques et d'une cer- taine résistance à l'impressionnisme et à la notation. En général le poète normand conçoit bien et exprime claire-

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