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882 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

XXXI

« On trouve chez Dickens une pensée fort remarquable : « La vie nous a été donnée sous la condition expresse de la défendre vaillamment jusqu'au dern icr souffle. » Somme toute, c'était un écrivain sentimental, loquace et d'une intelligence médiocre. Mais il savait mieux qu'aucun autre, comment construire un roman. Il le savait certainement mieux que Balzac. Quelqu'un a dit : « Beaucoup sont possédés de la passion d'écrire des livres, mais il y en a peu qui éprouvent quelque honte après en avoir écrit. » Balzac pas plus que Dickens ne ressentait pareil sentiment. Et tous les deux ont écrit bon nombre de mauvais livres. Et cependant Balzac est un génie. En tous cas il a ce qui seul peut être appelé génie... »

XXXII

Il semble quelquefois vaniteux et intolérant comme un prédicateur de la Volga, et ceci me paraît terrible chez un homme dont les paroles résonnent dans ce monde comme des sons de cloche. Hier il m'a dit :

— Je suis plus moujik que vous, et ma manière de sentir tient beaucoup plus de moujik que la vôtre.

Oh mon Dieu, il ne devrait pas s'en vanter. Non, il ne le doit pas.

XXXIII

Je viens de lui lire quelques scènes de mon drame « Les Bas Fonds ». Après m'avoir écouté attentivement il me demanda :

— Pourquoi écrivez-vous cela ? Je m'expliquai de mon mieux.

— On vous voit toujours sauter comme un coq sur tout ce que vous rencontrez, et plus que cela, vous voulez tou-

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