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SOUVENIRS SUR TOLSTOÏ 8/1

��XVII

Dans son Journal qu'il m'avait donne à lire, je fus frappe par un étrange aphorisme : « Dieu est mon désir. »

Aujourd'hui en lui rendant le carnet, je lui demandai ce que cela voulait dire.

« Une pensée non achevée, dit-il, en jetant un regard sur la page, et fronçant les sourcils. J'ai dû vouloir dire : « Dieu est mon désir de Le connaître... «Non, pas cela... Il se mita rire et faisant un rouleau de son carnet, le glissa dans la large poche de sa blouse. Ses relations avec Dieu ont un carac- tère suspect ; elles me font parfois penser à la relation des « deux ours dans une fosse ».

XVIII

A propos de la science :

« La science est une barre d'or faite par un alchimiste charlatan. Ils veulent la simplifier, la rendre accessible à tous : vous découvrez alors que vous avez frappé une quantité de fiiux écus. Le jour où les gens réaliseront la valeur réelle de ces écus, ils ne vous en sauront pas

��gre. »

��XIX

��Nous marchions dans le parc de Joussopor. Il parlait en termes admirables des coutumes de l'aristocratie de Moscou. Une forte paysanne travaillait à une plate-bande de fleurs. Pliée à angle droit, elle montrait ses jambes d'ivoire, et faisait trembler sa lourde poitrine. Il la regarda attenti- vement.

« Ce sont ces cariatides, qui ont entretenu toute cette magnificence et cette extravagance. Et cela non seulement

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