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834 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

C'est la mort seule que tu apportes avec toi et c'est la mort toute seule qui peut combler ton désir.

Tout cela qui fait semblant d'être le bien, et tout cela qui était à toi, et tout cela que tu n'avais pas le droit d'avoir, et tout cela qui n'avait pas le droit d'exister,

C'est cela dans le transport de ton désespoir comme l'amour que tu nous apportes à tuer !

C'est cela de l'abîme et parmi ces jets de flamme et dans ces rots de gaz empestés et ces griffes d'acier qui s'enfoncent et ces nœuds de muscles contractés qui pous- sent et ces poignées de poux.

Qui de l'abîme avec ces millions de voix balbutiantes est sorti et qui supplie et qui se jette en palpitant affreu- sement contre nous !

C'est cela qui est construit pour obliger Dieu à être le plus fort.

C'est le mal vivant qui vient rechercher le bien en nous qui était mort.

C'est cela tout plein d'enfer qui vient voir si c'est rrai que nous sommes creux et abandonnés !

C'est cela qui vient se venger sur nous de la vie que nous n'avons pas su donner !

A mesure que le jour diminue, le monstre vers lui- même se retire, hagard et las.

Tout-à-coup nous n'avons plus rien dans les mains et l'Allemagne a capitulé à voix basse.

Les feuilles tombent, et la brume entre les monta- gnes s'épaissit, c'est le jour de la Saint Martin.

Le soldat a jeté son fardeau par terre et regarde le Rhin.

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