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SAINT MARTIN 85 I

Qu'en dis-tu, peuple de Hambourg ? et réponds si tu t'en souviens encore^ de ces sombres jours d'été.

Quand les trains chargés de soldats commencèrent et le soleil était cette scorie rouge dans le ciel.

Et cette foule sans parler tout ce peuple en chapeaux de paille sur la Jungfernstiege qui attendait les nou- velles !

Et comme le vent par risées soudaines fait grésiller toute la surface de l'Alster,

Ainsi ces têtes tout-à-coup qui ondulent et les feuilles blanches des extras qui se propagent d'un bout à l'autre aux mains de cette foule qui plie dans le courant d'air.

Le torse monstrueux de la Guerre au bout de la chaussée apparaît et d'un tour de son épaule elle déra- cine la Porte de la Cité.

Les sirènes des bateaux se sont tues et déjà la sortie de l'Allemagne est arrêtée.

Voici la Guerre que ton cœur désirait, ô peuple à l'ombre de tes clochers protestants, es-tu content ? salue-la !

Comme ces fous qui à grand labeur jadis à travers la muraille fondue firent entrer le Cheval de bois.

Peuple qui ne sait pas parler et qui n'as issue de t'ex- primer que la musique !

Effort de la volonté aveugle et de l'avidité physique !

Nation dans le mécontentement de la limite et de toute forme par le dehors qui te soit propre,

Allemagne, grand tas confus de tripes et d'entrailles de l'Europe !

Peuple mal baptisé, en as-tu assez maintenant de ce grossier désir d'être Dieu }

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