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846 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

Les lois sont pour les voleurs, les pierres sont pour les tombeaux.

On respire ! nous qui sommes vivants^ nous avons le ciel à nous sans limites et le soleil qui ne nous fera jamais défaut,

Cet air qui ne nous servirait à rien s'il n'était absolu- ment inépuisable.

Ce qui n'a point de mesure est précisément ce qui est pour nous le premier et l'indispensable,

Et quand tout je reste nous manque, cela que l'on est toujours sûr de retrouver.

Qu'on verse parmi les orties Mercure et toutes ces idoles bien sculptées !

Mon Dieu à moi est le Père sans qui je ne puis abso- lument exister.

Que les montagnes s'entrechoquent et que les Royau- mes culbutent sur les Empires !

La catastrophe est si grande que pour nous désormais il n'y a plus besoin de mourir 1

A ce monde immense qui fait eau, que pourrait ajouter notre petit naufrage personnel ?

Tout ce que nous aimons ne nous serait pas davan- tage ôté, qui sans que nous bougions s'en va de nous comme par un mouvement naturel.

Cette étoffe dont nous avions trouvé tous nos murs tendus, — « personnages et fleurs », dit le catalogue, — exactement comme s'ils étaient réels.

Nous ne les verrions pas davantage se décolorer et s'amincir.

Les convives (si pâles !) se retirer, et emballer la musi- que, et le festin finir.

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