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828 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

bien lui qui me les ofFrit, ou simplement les toléra-t-il ? Mon ingrate mémoire abandonne ce point... On sus- pendit leur cage d'osier dans une volière aux grillages à demi-crevés qui faisait pendant à l'orangerie, et où vivaient deux ou trois poules, piailleuses, coléreuses, stupides, qui ne m'intéressaient pas du tout.

Les premiers jours je fus chamié par le roucoulement de mes tourterelles ; je n'avais rien encore entendu de plus suave ; elles roucoulaient comme des sources, sans arrêt et tout le long du jour ; de délicieux, ce bruit devint exaspérant. Miss Elvin, l'une des deux pension- naires anglaises, à qui le roucoulis tapait particulièrement sur les nerfs, me persuada de leur donner un nid. Ce que je n'eus pas plus tôt fait, que la femelle se mit à pondre, et que les roucoulements s'espacèrent.

Elle pondit deux œufs ; c'est leur mesure ; mais comme je ne savais pas combien de temps elle les devait couver, j'entrais à tout propos dans le poulailler ; là, juché sur un vieil escabeau, je pouvais dominer le nid ; mais comme je ne voulais pas déranger la couveuse, j'atten- dais interminablement qu'elle voulût bien se soulever pour me laisser voir que les œufs n'étaient pas éclos.

Puis, un matin, dès avant d'entrer, je distinguai, sur le plancher de la cage, à hauteur de mon nez, des débris de coquilles à l'intérieur légèrement sanguinolent. Enfin ! Mais quand je voulus pénétrer dans la volière pour contempler les nouveau-nés, je m'aperçus à ma profonde stupeur que la porte en était fermée. Un petit cadenas la maintenait, que je reconnus pour celui que M. Richard avait été acheter avec moi l'avant-veille à un bazar du quartier.

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