Ouvrir le menu principal
Cette page n’a pas encore été corrigée


•KOTES 793

soient d'un ordre plus général, soit qu'elles se rapportent plus particulièrement à l'Allemagne d'aujourd'hui, sont assez connues, assez ressenties, dirais-je, par le monde européen, pour qu'il ne soit pas nécessaire d'entrer dans de longs détails à leur sujet. Sans pouvoir espérer restituer à la littérature et à la philosophie l'indépendance dont elles jouissaient jadis, je me bornerai donc à retracer ici les répercussions sentimentales d'événements que je laisserai dans la pénombre.

L'Allemagne intellectuelle traverse une crise. Il semble bien inutile d'insister sur ce que tout le monde sait, sans l'avoir appris, tant il est vrai que le contraire aurait lieu de surprendre. C'est pourquoi, je ne m'étendrai pas long- temps pour dire qu'il y a fermentation dans les esprits, que les vieux se sentent mal à l'aise et ne savent trop que faire dans un monde qu'ils ne reconnaissent plus et qui ne veut plus les connaître, que les jeunes sont sans pitié pour les vieux, qu'il y a chez eux désespérance et exal- tation, enthousiasme et satire, qu'avant d'avoir une con- viction, ils en ont le geste, et que parfois à force de répéter ce geste, il se forme chez eux quelque chose qui ressemble fort à une conviction ; qu'après, changeant de conviction, ils vont d'un absolu à l'autre, et que l'absolu s'exprime tou- jours en paroles tranchantes et sonores, qui cependant cachent mal le désarroi intérieur. Ce sont là des symptômes <l'un ordre fort général, et j'aime mieux en venir tout de suite aux caractères particuliers d'une crise, qui parfois d'ailleurs, déroute l'observateur par des changements brus- ques et inattendus. Je me bornerai pour l'instant à en relever deux aspects, l'un qui a surtout trait aux conditions générales sous lesquelles l'homme d'à présent conçoit l'avenir du ^enre humain, l'autre qui concerne son être intime et sa destinée particulière.

��51'

�� �