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ratures Scandinaves soient ignorées en France, et il existe déjà une bibliothèque appréciable de traductions. Dans cette bibliothèque on trouve néanmoins d’énormes lacunes qu’il importe de combler. Rares sont les écrivains illustres dont les œuvres à peu près complètes soient passées en français. Ibsen en Norvège, et aussi, à peu près, Johan Bojer ; en Suède, la seule Selma Lagerlôf. Mais Bjôrnson (qui s’en est plaint amèrement) est loin d’avoir bénéficié chez nous de la mémo curiosité qu’Ibsen, et de l’œuvre énorme de Strindberg nous n’avons guère que des bribes. Knut Hamsun reste en grande partie à traduire. Kierkegaard est fréquemment cité ; on le lit dans des traductions allemandes, il n’en a rien été donné en français.

Un travail considérable est donc encore nécessaire pour assurer la liaison entre la France et les riches littératures du Nord. La Bibliothèque Scandinave, dont s’occupent activement MM. Maury et Desfeuilles, sera donc de grande utilité. Elle a publié jusqu’ici trois volumes intéressants à divers titres, mais de valeur assez inégale.

La Logique de la Poésie, du professeur Larsson, parue avec une préface de M. lioutroux est un essai de critique philosophique d’une élégance et d’une finesse remarquables. Elle rappelle certains de ces essais où les professeurs français aimaient autrefois à résumer leur expérience et leur goût, tels que la Délicatesse dans l’Art de Jules Martha. Cette critique un peu abstraite est aujourd’hui démodée chez nous. Il n’est pas mauvais qu’elle nous revienne de l’étranger, et que le premier livre de la Bibliothèque Scandinave nous rappelle quelques vieilles qualités françaises dont nous devenons un peu oublieux. Les volumes suivants auront d’ailleurs, sans doute, à faire connaître encore en France certains aspects de la critique suédoise, et on nous annonce une traduction de Levertin qui fut vraiment un critique de valeur.

Else, de Kielland, paraîtra, je crois, un peu mince au