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nesse, de la sensibilité et de la justesse de coup d’œil ? Clio est une muse austère ; laissons-la pour une fois être « adorable ». « Pardonne-moi, ô guerre, de t’avoir, — toutes les fois où je l’ai pu, — caressée !… »

JEAN SCHLUMBERGER



L’ATELIER DE MARIE-CLAIRE, par Marguerite Audoux (Fasquelle, éditeur).

Madame Marguerite Audoux, couturière, décrit l’Atelier de Marie-Claire, comme Madame Colette, mime, décrivait l’Envers du Music-Hall. Une part de confession, une part d’observation directe et nue, une part d’humour, une part d’émotion et un style fluide comme l’eau d’un beau canal, coupé d’écluses, où le sentiment s’élève peu à peu jusqu’à emplir toute l’âme, tout flottant d’images fraîches et pimpantes comme des péniches aux cuivres luisants et fleuries de géraniums.

Ce n’est que du naturalisme, mais l’on ne songe pas une seule fois à Zola, qui eût pourtant pu faire de ce thème un des leit-motivs du Bonheur des Dames, pas une fois à Maupassant. On pense parfois à Charles-Louis Philippe, mais plus souvent à Stevenson.

L’Atelier de Marie-Claire, c’est un navire avec son équipage qui va de l’île de la Clientèle bourgeoise à l’île des Confectionneurs, à travers écueils et tempêtes. C’est un voyage au pays de la couture, aussi riche en émotions inattendues, en chausses-trappes, aussi générateur d’énergie et d’héroïsme qu’un voyage à l’Ile au Trésor. L’épisode de la robe de Madame Linella (p. 90 et suiv.) offre un intérêt de même ordre que l’épisode du câble coupé et du retour dans l’île du mousse de Stevenson. Ici comme là il s’agit d’une difficulté technique (d’une technique ignorée de la généralité des lecteurs) à surmonter pour atteindre un but idéal, et qu’on ne