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UErLKXIOKS SUR LA LITTÉKATURK 77 1

marcher puissamment des iîles irrésistibles Je raisons sous leur équipement complet : on conçoit que pour un Ferdi- nand Brunetière un Concourt ait été, absolument et radica- lement, le mal, l'Adversaire.

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��Mais ce n'est pas dans son être propre, dans les livres des Concourt même, que ce style prend son intérêt le plus vif. C'est dans son mouvement, son influence, la flamme qu'il allume ei propage. Et il ne s'agit pas seulement ici du style des Concourt, mais de leurs romans, de leurs recherches et de leqrs idées sur l'art du xviiF siècle et sur l'art japonais. Ils durent comme un nom plus encore que comme une œuvre. Ils ont été considérables par leur influence, dont toute la littérature française, depuis soixante ans, a été retournée et labourée.

Le roman dit naturaliste, qui continue à vivre de façon assez florissante en France et à l'étransfer, a eu deux têtes, deux sources, Flaubert et les Concourt. Si Zola et Maupas- sant descendent de Flaubert, Alphonse Daudet vient authen- tiquement des Concourt. Et son style, qui est un des meil- leurs du roman français, met au point avec des qualités de mesure, de finesse et d'oreille une bonne partie des nou- veautés qu'apportaient Charles DemaiUy et Manette Saloinon. C'est par lui que le vin encore rude des deux frères s'est dépouillé, que leurs trouvailles se sont incorporées à un cer- tain acquis durable des lettres françaises. Daudet lui-même voyait d'ailleurs l'influence des Concourt s'étendre plus loin encore. Comme Edmond, à son âge, restait quelque peu ahuri et pantois devant le Symbolisme, il lui disait d'un ton moitié plaisant et moitié sérieux (c'est M. Albalat qui le rapporte) : « Ce sont vos disciples, votre postérité. »

Ce qui est vrai jusqu'à un certain point. Le Symbolisme

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