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■7)0 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

S'étonnera-t-on que des mioches de dix à douze ans se préoccupassent déjà de ces choses ? Mais non ; il n'y avait là que ce besoin inné du Français, de prendre parti, d'être d'un parti, qui se retrouve à tous les figes et du haut en bas de notre société.

Un peu plus tard, me promenant au Bois avec Fran- çois de Witt et mon cousin Octave Join-Lambert, dans la voiture des parents de celui-ci, je me fis chanter pouille par les deux autres : ils m'avaient demandé si j'étais royaliste ou républicain, et j'avais répondu :

— Républicain parbleu ! ne comprenant pas encore, puisque nous étions en république, qu'on pût être autre que républicain. François et Octave m'étaient tombé dessus à bras raccourcis. Sitôt de retour :

— Ça n'est donc pas ça que j'aurais dû dire? avais-je demandé naïvement.

— Mon enfant, m'avait répondu ma mère après un petit temps de réflexion, lorsqu'on te demandera ce que tu es, dis que tu es pour une bonne représentation cons- titutionnelle. Tu te souviendras ?

Elle m'avait fait répéter ces mots surprenants.

— Mais... qu'est-ce que ça veut dire ?

— Eh bien ! précisément, mon petit : les autres ne comprendront pas plus que toi, et alors ils te laisseront tranquille.

A Montpellier la question confessionnelle importait peu ; mais comme l'aristocratie catholique envoyait ses enfants chez les Frères, il ne restait guère au lycée, en regard des protestants qui presque tous cousinaient entre eux, qu'une plèbe souvent assez déplaisante et qu'animait contre nous des sentiments nettement haineux.

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