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VIE DE GUILLAUME APOLLINAIRE 68 1

ne détestant pas un certain mystère nous apprit seu- lement qu'il entrait en correspondance avec des gens importants. Officiers ou officiels monégasques, fonc- tionnaires romains, un conspirateur albanais ! Tous, et tout simplement, des condisciples de Guillaume au col- lège catholique de Monaco ou au lycée de Nice.

Enfin, un soir, Guillaume nous émerveilla — lui qui eut pour devise : J'éiuerveiUe ! — en nous révélant qu'on était à la veille de la réalisation. Ça se passait rue de Seine, là où l'on a percé la rue Callot, dans une bou- tique de marchand de vin restaurateur aux poches gon- flées des bons que nous lui signions chaque soir en paie- ment, jusqu'à règlement de comptes. Le bonhomme auvergnat se nommait Ginisty. Son établissement était YOdéon. Mais pour une si neuve entreprise, un cadre nouveau convenait. Nous fûmes donc fonder le Festin d'Esope (après avoir rejeté Le Geste et Notre Route) dans une étroite brasserie de la rue Christine.

C'est cette même brasserie qu'Apollinaire, six ou sept ans plus tard, désira de revoir pour composer son poème Lundi, Rue Christine, orphisme de l'assas- sinat :

Des piles de soucoupes des fleurs un calendrier

Pim pam pi m

Je dois fiche près de )00 francs à ma probJoque

Je préférerais me couper Je parfaitement que de les lui

donner Je partirai à 20 h. 2 y Six glaces s'y dévisagent toujours Je crois que nous allons nous embrouiller encore davantage

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