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678 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

à nous entendre mêler aux leurs des cris plaisants, ceux qu'eût poussés Guillaume qui aimait les enfants armés, qui chérissait en humaniste l'image parfaite de la paix et de ses travaux et qui n'avait pas détesté le spectacle delà guerre.

Inoubliable horreur de tant de deuil dans cette apo- théose !

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��Un samedi de l'automne de 1903, nous nous rencon- trions, sans nous connaître, au sous-sol du Soleil d'Or devenu le Café du Dcparl, à l'angle du quai Saint- Michel et du boulevard. Guillaume Apollinaire a écrit dans Alcools ceci qui est inimitable :

Nous nous sommes rencontrés dans un caveau maudit

Au temps de notre jeunesse

Fumant tous deux et mal vêtus attendant l'aube

Epris des mêmes paroles dont il faudra changer le sens

Trompes trompés pauvres petits et ne sachant pas encore rire

La table et les deux verres devinrent un mourant qui nous Jeta le dernier regard d'Orphée

Les verres tombèrent se brisèrent

Et nous apprîmes à rire

Nous partîmes alors pèlerins de la perdition

A travers les rues à travers les contrées à travers la rai- son... '■

��1. Poème lu au Mariage d'André SalinoH le i^ juillet ipop. (Alcools^ page 84.)

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