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"NOTES 6ll

qui enchante. Il reflète en se jouant les nuances les plus fines d'une pensée pénétrante, et qui fuit par un suprême souci d'élégance l'apparence même de la profondeur. Si le terme d' « écrivain de race » n'était si galvaudé, on l'appliquerait volontiers à M. Pierre Lièvre.

ROGER AI.I.ARD

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LES TERRASSES DE TOxMBOUCTOU. — DES FANTAISIES SUR L'ÉTERNEL, par Robert Ranâaii (2 vol. des Editions du Livre Mensuel),

Al. Robert Randau est connu d'un cercle restreint de lec- teurs qui devrait bien s'élargir. Il serait naturel qu'il s'étendit à ceux qui ne craignent pas un style insoucieux de toute chaîne académique, qui se plaisent devant un flot limoneux, mais fécond et puissant, dont à vrai dire il serait impossible de tirer un verre d'eau claire. Un puriste comme M. Abel Hcrmant placera encore M. Randau à plusieurs étages au dessous des Concourt et de Villiers de l'Isle-Adam, rangera ces livres touflus et bar- bares dans quelque art nègre. Et je suis loin de mettre les livres de M. Randau au rang des œuvres parfaites, mais je les préfère à ces œuvres froides qui sont écrites sous le signe de la perfection comme les prélats de Béranger siègent en invoquant le Saint-Esprit.

Non, dit T Esprit-Saint, je ne descends pas.

M. Randau a le mouvement, la vie, la verve et il roule ces qualités avec épaisseur et tumulte dans les livres qui restent ses meilleurs, les Rovuius de la Grande Brousse, les Explorateurs, le Commandant et les Foulhé, Y Aventure sur le Niger. Je crois bien que ce sont les seules œuvres de vraie •littérature coloniale et africaine non seulement par le sujet

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