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542 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

moi le billet promis pour la rente que vous me devrez servir. »

Pincengrain maugrée pour la rente et le mensonge. Maman Lecœur garde certainement encore beaucoup d' « espèces » couchées entre ses draps marqués d'un grand L. Il se réjouit tout de même du service qu'on lui rend, — jusqu'à ce qu'il se prenne à craindre que Maman Lecœur eût dit vrai, que ce soit la fin d'un trésor inépuisable.

IV

Maman Lecœur sortait avec son gendre. La Gerboise entrait. Elle dit :

« Vous êtes bienheureuse, Madame Pincengrain, d'avoir un mari comme celui-ci. Dans trois semaines, il sera notre maire. On le dirait prêtre, tant il est sage. Tout le monde l'admire avec Maman Lecœur. On dirait qu'il sait tout ce qu'on ignore, et qu'elle lui parle de tout ce qu'il sait. J'ai perdu le pauvre mien, l'année dernière. Il n'était pas comparable, bien sûr, à Mon- sieur Pincengrain. Monsieur Pincengrain a tellement le soin de sa personne. 11 brille comme un rasoir dans sa gaine de buis. »

Elle pleure.

Madame Pincengrain la console avec toutes sortes de tendresses neuves, inespérées. Elle lui dit, sans y prendre garde, en lui remettant le linge sale :

« Venez veiller avec nous de temps en temps, Gerboise.

— Vous êtes bonne. Madame Pincengrain. Ce linge

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